La musique
De la colonisation à la globalisation
La musique des grandes danses de cour se caractérise par des ostinati qui peuvent varier d’un cycle de temps à l’autre. Chaque danse se distingue par un ostinato sur lequel s’organisent tant la chorégraphie que le chant. Ceux-ci sont choisis par les danseurs en fonction des circonstances, dans un répertoire fixé, mais qui peut évoluer d’une génération à l’autre par l’addition de nouveaux éléments.
Si le caractère bantou, avec une prédominance de chant responsarial, où un soliste et un chœur monodique interagissent, est évident, certaines musiques Mangbetu s’écartent de ce modèle de manière assez clairement. Les polyrythmies des orchestres de chefferie n’ont pas d’équivalent dans la région, sauf chez les Bodo où l’influence culturelle Mangbetu est évidente. Les polyphonies instrumentales jouées sur des trompes par les Mangbele se retrouvent aussi chez d’autres peuples comme les Efe, les Lese et les Bari. Toutes ces musiques sont caractérisées par une forme de hoquet qui est une technique vocale ou instrumentale consistant à produire une ligne mélodique en alternant plusieurs voix ou instruments qui ne produisent chacun qu’une seule note. Ceci n’est pas sans similitudes avec la musique vocale des Pygmées Asua qui se rencontrent à différents endroits de la région. Les chants Asua sont polyphoniques et on peut y entendre du yodel et des formes de contrepoint assez élaborés. Dans les polyphonies Asua on entend des tierces parallèles. Ceci ne se rencontre pas chez les autres Pygmées de l’Ituri qui chantent avec des intervalles dominants en quintes et en quartes. Le phrasé des chants qui se fait en paliers descendants dans les cycles musicaux des Pygmées de l’Ituri, ne se rencontre pas chez les Asua.

© Didier Demolin
Notes
Références
Une xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx